• Histoire de la lithothérapie

    Lithothérapie vient du grec "lithos" (pierre) et "therapeia" (soin). Si les racines étymologiques sont simples à comprendre, il  n’en est pas de même pour les origines historiques. Minéraux et cristaux accompagnent l’homme depuis toujours, au moins trois millions d’années. L’étude de la Préhistoire nous a enseigné que nos aïeux manipulaient les pierres dans tous les actes de la vie quotidienne. Portées en amulettes, façonnées en statuettes, taillés pour en faire des armes ou dressées en monuments mégalithiques… Dès l'usage de l'argile en pansement on a pratiqué la lithothérapie. 

    Durant l’Antiquité, la pierre est sculptée (statues, bijoux, sceaux). La symbolique des couleurs, le placement sur le corps s’organise. On emploie les pierres pour leurs "pouvoirs" guérisseurs. Les Grecs anciens utilisent la poudre de marbre contre les douleurs gastriques, ou le jaspe rouge comme tonifiant. En Orient, l’antimoine (présente dans la stibine par exemple) était considéré comme un puissant anti-infectieux et protégeait des intoxications alimentaires. Les Amérindiens connaissaient les avantages de l’argile et l'action antiseptique du cuivre. Le sulfate ferreux était un vermifuge utilisé en Inde, tout comme le salpêtre employé comme diurétique. En médecine chinoise, de nombreuses pharmacopées à base de minéraux étaient censées harmoniser ou stimuler les énergies. 

    L’écrit connu le plus ancien sur les roches et minéraux est le "De Lapidibus" de Théophaste (env. 372 avant J.-C. - 287 avant J.-C.), philosophe grec. Son travail, référençant une septantaine de minéraux, est resté la meilleure étude pendant près de 2000 ans.  

    Durant le premier siècle, Pline l’Ancien (env. 23 après J.-C. – 29 août 79 après J.-C.), écrivain et naturaliste romain, établira lui aussi son "Naturalis Historia", œuvre de 37 livres dont dans plusieurs d’entre eux il aborde la minéralogie. 

    Lors du premier millénaire, la symbolique des pierres s’amplifie, l’art de la lithothérapie se développe et les pierres sont employées comme objet reliant l’homme au divin.

    Durant le Moyen-Âge, les médecins de l’époque utilisaient alchimie et spagirie. Leurs traitements utilisaient très fréquemment les pierres, précieuses ou non, contre les maladies, en respectant la loi de similitude. L’émeraude par exemple soignait le foie puisqu’elle était verte comme la bile. C’est cette même approche, mais plus scientifiquement réétudiée, que l’on retrouvera appliquée, du 18ème au 20ème siècle par le créateur de l’homéopathie. 

    Au douzième siècle, Hildegard von Bingen (1098-1179), religieuse allemande, rédigea son "Physica" dans lequel elle répertorie 26 pierres, décrivant leurs vertus médicales. 

    En 1609, Anselme Bœce de Boot (1550-1632), médecin de l'Empereur Rudolf II de Habsbourg, publie un ouvrage (Le Parfait Joaillier ou Histoire des Pierres) où sont décrites leurs naissances, leurs prix, le moyen de les reconnaître, une mise en  garde sur les contrefaçons, leurs  propriétés médicinales et singulières. 

    En 1697, Nicolas Lémery (1645-1715), médecin de Louis XIV, édite la "Pharmacopée Universelle et Traité Universel des Drogues" dans lequel il cite, avec leurs vertus,  plus d'une cinquantaine de pierres et minéraux. Le "Lémery" restera en usage dans certaines pharmacies de France jusqu'en 1914. Les principes de l'homéopathie sont directement issus des définitions de M. Lémery. 

    L’Abbé René Just Haüy (1743-1822), minéralogiste et cristallographe français, découvre les sept systèmes cristallins. Les pierres sont alors utilisées en médecine, principalement sous forme de poudres et d’élixirs. La lithothérapie (qui ne porte pas encore ce nom) rejoint les autres disciplines médicinales. Puis, sous l’impulsion du progrès des sciences, le pouvoir des minéraux tombe dans l'oubli. Ce n’est que dans la deuxième moitié du vingtième siècle que  les pierres et leurs propriétés sont à nouveau en usage. 

    Nicolas Jean-Baptiste Gaston Guibourt (1790-1867), Professeur à l'école supérieur de pharmacie de Paris, publie (vers 1869), en 3 volumes, l’"Histoire des drogues simples". Le premier volume est consacré aux minéraux ainsi qu'à leur étude comme principe premier de la pharmacie.

    En 1937, le formulaire Astier, cite toujours une cinquantaine de minéraux employés à des usages thérapeutiques. Un exemple : le carbonate de manganèse, défini comme tonique et emménagogue (qui a la propriété de régulariser les menstruations).  

    Le terme lithothérapie apparaît dans la seconde moitié du vingtième siècle. Le médium américain Edgar Cayce (1877-1945) attire le premier à nouveau l’attention sur les propriétés curatives des minéraux en évoquant le pouvoir de guérison des cristaux.  Puis, sous l’impulsion des mouvements d’idées nés dans les années 1960 et 1970, en particulier le New Age, la lithothérapie regagne les faveurs du grand public. 

    Aujourd’hui, de plus en plus de personnes se passionnent pour les bienfaits des pierres et développent cette médecine douce comme alternative et complémentaire à la médecine moderne.

     

    Sources : Net

    © Les Joyaux de Cybele 2014