• La classification

    Comme il existe plusieurs milliers de minéraux (presque 4000) et autant de variétés, plusieurs méthodes de classifications en fonction de leurs compositions chimiques ont été créées afin de répertorier au mieux les pierres dans la minéralogie scientifique. Les plus connues sont la classification de Dana, conçue par James Dwight Dana (1813-1895), géologue et minéralogiste américain et la classification de Strunz. La première est plus courante dans les pays anglophones. La seconde, plus récente, a été proposée par Karl Hugo Strunz (1910-2006), minéralogiste allemand. Cette deuxième est utilisée par l’Association Internationale de Minéralogie (IMA). Depuis 2001, une organisation en dix classes s’est imposée. 200 minéraux sont assez courants, 500 se trouvent de manière plus occasionnelle et les dernières sont rares à très rares. En observant les différentes espèces minérales, on constate que les silicates, les phosphates, les oxydes, les sulfures et les sulfates sont les plus présents. Ces 5 classes réunissent à elles seules près de 80 % des espèces minérales.

     

    Chaque classe répertorie donc des minéraux selon leur chimie :

    1re classe, les éléments : Les éléments natifs ne sont composés que d’un seul élément chimique. Cette classe est répartie en trois sous-classes (métaux, semi-métaux et métalloïdes). Cette classe représente 3 à 4 % des espèces minérales. Exemples d’éléments : Diamant, or, soufre.

     

    2e classe, les sulfures et sulfosels : Les sulfures et les sulfosels regroupent en grande partie des minéraux opaques à l’éclat métallique. En effet, les sulfures sont une source importante de plusieurs métaux. Les cations (particules formé par un ou des atomes) de ces minéraux peuvent être de composition métallique ou non métallique. Les sulfures sont indispensables à l’industrie, car ils fournissent les éléments tels que le cuivre, le plomb, le zinc, le mercure, le molybdène et d’autre plus rare comme l’iridium et le sélénium par exemple. Exemples de sulfures : Stibine, pyrite.

    Les sulfosels sont composés de soufre et d’un autre métal (argent, cuivre, plomb, étain, bismuth, antimoine titane ou fer). Ce sont des espèces rares pour la plupart. Les sulfosels sont une curiosité mais leur grand intérêt est leurs propriétés semi-conductrices dans l’électronique. Exemple de sulfosel : Proustite.

     

    3e classe, les halogénures : Les halogénures sont un mélange d’halogènes (éléments non métalliques) et de métaux. Il existe cinq types d’halogènes, le chlore (le plus répandu), le fluor, le brome, l’iode et l’astate. Les minéraux de cette classe sont plutôt vitreux, peu colorés, fragiles et souvent solubles dans l’eau. Exemples d’halogénures : Le sel gemme (comme le sel rose de l’Himalaya), la fluorite.

     

    4e classe, oxydes et hydroxydes : Cette classe se compose de minéraux formés d’oxygène et d’éléments métalliques (une trentaine). Il y a les oxydes simples qui contiennent un métal unique, les oxydes multiples qui contiennent deux ou plusieurs métaux. Exemple d’oxyde : Cuprite.

    Concernant les hydroxydes, l’oxygène qui les compose a été complètement ou en partie remplacé par des hydroxyles. Les oxydes simples et multiples sont des minéraux denses et assez durs à l’inverse des hydroxydes, plus faible. Exemples d’hydroxydes : Hématite, manganite.

     

    5e classe, nitrates et carbonates : Les nitrates sont les plus rares des trois. Les gisements se trouvent principalement dans des sols asséchés de régions désertiques. Exemple de nitrates : Salpêtre.

    Les carbonates font partie de la composition d’un bon nombre de roches magmatiques, sédimentaires et métamorphiques.  Ils sont amplement employés dans l’industrie. Les carbonates contiennent aussi des minerais de fer, magnésium, zinc, manganèse, plomb entre autre. Exemple de carbonates : Calcite.

     

    6e classe, borates : Les borates se composent de bore et d’oxygène, avec des éléments métalliques électropositifs. Blanc ou incolore, les minéraux de ce groupe ont une dureté et une densité faible et sont sensible à l’eau, même l’humidité de l’air ambiant. Exemple de borate : Le borax.

     

    7e classe, sulfates, chromates, molybdates, tungstates : Les sulfates, très répandus dans la nature sont les sels de l’acide sulfurique (venant du souffre). D’une faible dureté, les minéraux contenant des sulfates sont vitreux et particulièrement solubles dans l’eau. Ils sont beaucoup utilisés comme matière première dans l’industrie chimique comme l’extraction des métaux par exemple. Exemple de sulfate : Angélite.

    Les chromates contiennent du chrome, les molybdates du molybdène et les tungstates du tungstène. Ces trois espèces sont très rares. Exemple de chromate, molybdates et tungstates : Crocoïte, molybdénite et wolframite.

     

    8eclasse, phosphates, arséniates, vanadates : les phosphates contiennent du phosphore, les arséniates de l’arsenic et les vanadates du vanadium. Le phosphore se trouve dans bons nombres de roches éruptives. C’est un élément nécessaire dans l’alimentation. Les phosphates, peu abondants,  sont présent dans l’ensemble des régions géologiques. Exemple de phosphates : Apatite.

    Les arséniates et les vanadates se retrouvent dans quasiment toutes les zones d’oxydation et d’altération des gisements métallifères. Ces deux espèces sont assez rares. Exemple d’arséniates et vanadates : Adamite, carnotite.

     

    9eclasse, silicates : 90% de la croûte terrestre est composée de silicates et cette classe regroupe le plus grand nombre de minéraux. Les feldspaths en représentent 60%  et les quartzs 10%. Ils sont formés de sels d’acide siliciques combiné avec un oxyde métallique. Il existe 6 sous-classes de silicates : les nésosilicates (exemple : grenats et topazes), les sorosilicates (exemple : épidote), les cyclosilicates (exemple : béryls et tourmalines), les inosilicatese (exemple : amiante), les phyllosilicates (exemple : les micas) et les tectosilicates (exemple : les feldspaths).

     

    10eclasse, composés organiques : Cette classe regroupe une trentaine de minéraux dérivés de matières organiques, dont font partie entre autre le jais (bois fossilisé), le corozo (ivoire végétal), le corail, les perles et l’ambre. Pour ce dernier, il faut préciser qu’il s’agit de résine fossilisée, ce n’est donc pas un minéral.

     

    Pour ma part, je rajouterais trois autres catégories : les roches volcaniques et laves (dont font partie les obsidiennes), les météorites et tectites et les fossiles.

     

    Sources : Net

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